Bien-être au travail

Bien-être au travail

Le droit français a été novateur dans la prise en compte du bien-être au travail grâce, notamment, aux lois Auroux de 1982 relatives à la lutte contre la discrimination et à l’origine de la création des Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Le législateur a ainsi introduit auprès des employeurs des obligations et donc des sanctions en cas de non-respect. Puis la loi a évolué dans les années 2000 vers la prévention des risques physiques, en les évaluant et en trouvant des réponses adaptées (choix des équipements, méthodes de travail et de production) mais aussi les risques psycho-sociaux : relations sociales, mal-être au travail, influence des facteurs ambiants…

Le bien-être au travail a encore plus tard été élargi à la gestion du temps de travail. La loi la plus emblématique est bien sûr celle de la déconnexion au travail datant de 2017. Elle donne la possibilité aux salariés de faire valoir leur droit à la déconnexion en dehors des heures de travail. L’idée derrière cette loi est d’éviter que les salariés travaillent jusqu’à la surchauffe et qu’il y ait un équilibre vie professionnelle et vie personnelle.

Enfin, il faut rappeler que le bien-être au travail n’est pas une exception française : un accord-cadre européen datant de 2004 indique que les employeurs doivent veiller à ce que les salariés ne soient pas trop stressés. Ce texte généraliste rappelle notamment que « la lutte contre le stress au travail peut entraîner une plus grande efficacité et une amélioration de la santé et de la sécurité au travail, avec les bénéfices économiques et sociaux qui en découlent pour les entreprises, les travailleurs et la société dans son ensemble ».

Le bien-être au travail est une aspiration plus réaliste et atteignable que le bonheur au travail, concept encore abstrait aujourd’hui. Le bien-être au travail peut se définir comme étant la réalisation d’un travail réellement humain, soit l’expression de trois dimensions essentielles à satisfaire :

  • Disposer bien sûr de conditions de travail décentes : rémunération digne, horaires de travail permettant de concilier vie personnelle et vie professionnelle, lieu de travail garantissant sécurité et santé de la personne, etc. Difficile en effet de se sentir bien dans son travail si ces conditions de base ne sont pas remplies.
  • Avoir une vision claire du sens donné à son travail. Ce sens au travail porte d’une part sur la compréhension de la direction de son cadre professionnel : quelle est la mission, la raison sociale de l’organisation qui m’emploie ? Mais le sens au travail est également synonyme de la signification de son travail : à quoi sers-je, quelle est mon rôle et ma responsabilité au sein de l’équipe, quelle est ma contribution à la réalisation d’une mission collective ? Enfin, le sens répond aussi à l’expression de nos émotions au travail (les 5 sens !) : est-ce que ma personnalité, ma singularité en tant qu’être humain est prise en compte et respectée ?
  • Maîtriser le contenu de son travail. C’est une demande croissante de la part des actifs : au-delà de la possibilité de flexibiliser son temps de travail (temps partiel, horaires décalés) ou son lieu de travail, l’individu au travail aspire à plus de liberté dans l’organisation même de ses tâches à accomplir. Satisfaire cet appétit pour un plus grand contrôle de son travail est une condition indispensable au bien-être, car il signifie la fin d’un travail prescrit, coercitif et subordonné.
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